Carnet de route

Exemple probant : avalanche quand tu nous tiens !

Le 31/01/2008 par

Légende photo (ndlr): la plaque de neige dure, d'assez bonne cohésion qui a été figée par le vent, glisse sur une sous-couche qui n'a aucune cohésion (sans doute des "gobelets" sinon des "faces planes", ce que l'on appelle de la neige froide... Obervez : ici, nous sommes à l'ombre! et en pente très raide)

 

 Une reconnaissance qui a du jus

 

Jeudi 3 janvier, au moment même où des dizaines d'internautes m'envoient un message de bonne année, j'arpente le massif de Belledonne dans l'Isère pour un repérage en raquettes pour le club. Il est 9 heures du matin, voilà une heure que j'ai quitté le refuge de la Pra en raquettes. Je longe les pentes enneigées et abruptes au-dessus du lac du Crozet.  Difficile de ne pas succomber aux rafales de vent ou aux caprices des différentes textures de la neige. En fait, je bataille ferme car avec une pente à 45°, il est difficile de ne pas glisser dans la poudreuse et plonger dans le lac mal gelé…

Je traverse une zone instable qu'on appelle neige à gobelets, ce qui fait ressembler la neige à un roulement à billes. Quand ce système de neige se trouve en surface pas de risque d'avalanche mais on glisse tout simplement inexorablement vers le bas car l'accroche des crampons ou la portance des raquettes ne se fait pas. Pour m'épargner de la fatigue, je me laisse donc glisser sur quelques dizaines de mètres dans cette « pseudo-poudreuse» puis je donne un grand coup de frein sur mes pieds pour m'arrêter. Ce genre de glissade est fort amusante quand on sait que la pente finit sagement à plat ; ce qui n'est pas le cas. Au contraire, ici, la rupture de pente s'accentue et plonge vers le lac.

Je continue ma marche sur le même niveau, on appelle cela progresser en dévers, parallèle à la courbe de niveau, c'est hyper crevant pour les articulations des chevilles quand la pente dépasse 40° .

J'ai parcouru 9/10ème le long du lac, je suis éprouvé et je m'arrête souvent pour reprendre mon souffle. Je remarque que des croûtes se forment et se détachent à chacun de mes pas. La texture change, c'est sans doute l'effet du vent qui a soufflé toute la nuit. Ce qui m'inquiète c'est de  perdre l'équilibre et de glisser dans le lac, sur lequel je jette un œil régulièrement.

Il me reste un peu moins de 100m pour finir ce couloir fatiguant et réputé. Et soudain comme si un tapis roulant se mettait en marche, j'entends un doux craquement se répercutant pendant de longues secondes…je sens le sol se dérober sous mes pieds, je me déplace à mon insu vers le bas ! Aaaaargh !... C'est une plaque à vent qui se détache. Les surfeurs des vagues hawaiiennes doivent bien maîtriser ce genre de choses, mais je ne pratique que le surf sur Internet !

Parti dans cette coulée, le hasard me sourit : un rocher émergeant le la masse neigeuse m'arrive juste en face, un petit saut de cabris et je me cale dessus comme une abeille sur une fleur. Les yeux écarquillés, j'observe la coulée glisser autour de moi et s'amonceler en bloc jusqu'au lac. Vraouuuum !

Silence ! Battements de cœur (qui fonctionne toujours), je prends mon appareil photo, et encore tout tremblant, je prends depuis mon petit rocher quelques clichés du silence revenu.

 

Que me réserve 2008, de la chance ? ou des choses qui se mettent en branlent sous mes pieds ?

 

Du coup, je trouverai un autre passage pour amener mes amis !

 

                                                                                                Guillaume BARBIER

 

NB : pour compléter cet exemple probant de l'absence évidente du "risque ZERO" en montagne, consultez également le récit de deux journées de formation en nivologie et en avalanches qui vous incitera, peut-être, à vous former.







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