Carnet de route

Gard, Les Aiguières.

Le 15/01/2012 par LEBERTOIS François

Le Cal est un hameau en retrait de la départementale, discret au point de ne pas apparaître sur les cartes topographiques usuelles et de ne pas s’annoncer avec un panneau routier à l’entrée du village. Sa place bien dégagée et peu encombrée, son unique banc et ses arbres espacés donnent pourtant envie de s’y garer, de lacer ses chaussures et d’attaquer sans tarder les contreforts du mont Bouquet par l’entaille du Séguissous, rivière méandreuse de cailloux blancs remués lors des pluies torrentielles s’abattant sur la Gardonnenque. Par ici, la pluie ne fait pas semblant de tomber. Elle s’affaisse en rideau dense que le vent rabat, sous le roulement continu du tonnerre. Les accumulations peuvent être dantesques et le lit du Séguissous en garde les traces dans le poli des marmites et le lissé des goulets. Remonter le lacis à sec de l’oued qui se contorsionne à souhait entre des parois boisées, retrouver progressivement des marmites pleines d’eau puis le friselis d’un filet clair, entendre les chutes de la cascade du Peyrou et découvrir entre les saules le site enchanté des Aiguières serti par de hautes falaises est déjà en soi une source délectable. On côtoie le ruisseau au plus près et déjà le site se dissimule et se referme sur ses trésors, dans notre dos. On se retourne et la forêt alluviale a tout gommé. Pourtant, il ne faut pas se méprendre. On peut aussi s’émerveiller de la combinaison et de la multiplicité des herbes, des plantes et des arbres qui entrecroisent leurs racines et maintiennent les berges en dépit des débordements enragés, aveugles et carnassiers de la rivière. On quitte la ripisylve pour atteindre des prés abandonnés, argentés par les graminées desséchées. Au printemps, la clairière est festonnée de chèvrefeuille.

Ensuite, la succession de pistes n’entame pas l’allégresse de la marche. Le passage par le torrent à sec de Serre Fourré relance l’intérêt avant l’arrivée en crête, au plus près du vide. La marche est néanmoins sans danger hormis le risque de buter sur des chicots de roche ou des racines affleurantes. La chapelle Saint-Saturnin, totalement esseulée, bâtie dans la continuité de la falaise, est une halte bienvenue. Ses larges marches déchaussées sont à l’ombre et offre au séant du marcheur un siège haut de gamme dans le silence absolu du site. On peut s’y sustenter religieusement, mangeant lentement en accord avec la quiétude du lieu. La sente reprend et plonge sur le château d’Allègre, vaste forteresse médiévale démantelée. Puis viennent les hameaux de La Bégude avec sa minoterie rutilante et légèrement effrayante et Arlende avec son moulin à vent tout pimpant. Le retour sur Le Cal se fait par des pistes sillonnant la garrigue, sans grand intérêt paysager.

 

Randonnée de 5 heures environ (17 km) sans les arrêts avec un dénivelé de 500 mètres. Si on opte pour la variante par le lit du Séguissous, il faut ajouter une heure.

Depuis Nîmes, en voiture, il faudra compter trois quarts d’heure, direction Alès, la Réglisserie, Navacelles, Le Cal.

Reconnaissances faites le mercredi 11 mai 2011 et le jeudi 24 novembre 2011.

Randonnée niveau 1, inscrite au calendrier du bulletin du CAF, le 15 janvier 2012.







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