Carnet de route

Gigolo, Éclair, Vermicelle ou les Couloirs du Cambre d'Aze

Le 29/03/2014 par Fred C

Initiation Alpinisme : Les Couloirs du Cambre d’Aze

Sortie organisée par Guillaume LOUBAT et Lionel PIRSOUL

Samedi 29 mars 2014

«Gigolo, Éclair, Vermicelle ou les Couloirs du Cambre d’Aze »

 

Un réveil à 3h30 du matin après une petite nuit pour un rendez-vous à 5h à Congénies, quand on y repense ça pique un peu ! Néanmoins, c’est bien comme ça que la journée du samedi de l’initiation alpinisme a commencé, et avec le recul, c’est même de bons souvenirs aujourd’hui (si si). L’équipe encadrée par Guillaume et Lionel comprend huit personnes désireuses de découvrir l’alpinisme ou d’acquérir un peu plus d’expérience dans cette pratique.  Le groupe met donc le cap sur les Pyrénées Orientales pour un lieu que l’on dirait créé pour s’initier à l’alpinisme et plus particulièrement aux courses de couloirs : le Cambre d’Aze.

Le trajet en voiture jusqu’à la vallée d’Eyne permet à bon nombre de personnes de finir leur nuit à l’arrière des véhicules. Au réveil, la douceur printanière de Nîmes laisse place à des paysages qui sortent tout droit de l’hiver. Le contraste est pour le moins saisissant. Depuis Prades, la route de montagne qui suit le cheminement du petit train jaune catalan, nous conduit à la station de St-Pierre Dels Forcats (non loin de Font Romeu). Station avec une jolie ambiance western, où l’on comprend que la saison de ski n’a pas été bien longue pour le personnel des remontées mécaniques. Avant de partir on prend le temps de manger un biscuit, de s’équiper, et de se répartir le poids entre cordées parce que du matos on va en porter ! Mais comme dit vaut mieux en prendre trop que pas assez !

L’approche depuis la station se fait en remontant les pistes de ski desertes, seul quelques personnes en raquette et en ski de randonnée nous permettent de ne pas nous sentir seul. Au fur et à mesure de la montée et que l’objectif se précise la motivation se fait sentir, et le rythme s’accélère. Après une heure et demie de marche dans la forêt de sapins, nous nous retrouvons sur un petit replat, situé derrière le domaine skiable, qui fait face au Cambre d’Aze. En quelques mots, le Cambre d’Aze ça culmine à 2750 mètres et ce qu’on peut dire c’est que c’est un joli sommet agrémenté d’un ancien cirque glaciaire (qui drapé de neige se revèle être de toute beauté). Celui-ci se dresse comme une muraille et offre un rideau de couloirs dans des niveaux de difficultés assez variés. Ces couloirs en bonne condition sont un terrain de jeu parfait pour les alpinistes ou les amateurs de ski de randonnée.

Et comme on n’est pas monté là haut pour acheter du terrain, on se sépare pour former les cordées. Lionel amène Daniel et Isabelle dans le Couloir Gigolo (AD), Fabrice et Paul font équipe dans le Couloir Eclair (AD+). Quant à Guillaume qui fait une cordée avec Damien et Mélanie, il prend la direction du Couloir du Vermicelle (PD+) situé à droite du cirque, tout comme moi et Isoline. On prend quelques minutes pour s’équiper, s’encorder et s’alimenter avant d’attaquer le plus intéressant.

Sur le « Vermicelle », la largeur du cône d’accès au couloir, nous donne la possibilité dans un premier temps de monter en effectuant de beaux virages en z permettant ainsi de se caler progressivement dans un rythme pour faire la trace. Néanmoins, cela ne dure pas longtemps, et au fur et à mesure que l’on grimpe, la neige se fait de plus en plus profonde et le couloir étroit, nous obligeant à le prendre de face. La remontée devient plus sportive mais aussi plus exaltante. On n’hésite pas à se relayer entre leader et second pour faire la trace parce que rapidement le souffle devient court. L’alpinisme c’est avant tout de la caisse comme le dit « Guillaume » et on peut le confirmer. Sur le plan technique, le couloir ne présente pas réellement de difficulté et cela nous permet de profiter de l’ambiance, de se retourner pour apprécier la pente et de se régaler pleinement (on imagine que les autres cordées apprécient leurs courses au même niveau). La roche poudrée, les rafales de vent qui viennent claquer dans les capuches, les petites coulées de neige nous font évoluer dans un cadre vraiment « montagne » malgré une altitude toute relative. La sortie du couloir présente quant à elle une belle corniche qui permet de jouer modestement du piolet, ça donne un peu de fil à retordre mais au fond c’est ce que l’on ai venu chercher.

Sur la crête, le vent décape bien mais en regardant le panorama on se dit que les Pyrénées Orientales c’est quand même très beau. Certes ce n’est pas la haute montage mais l’ambiance est bien présente et peu en surprendre plus d’un. Vu d’en haut avec le concours du vent, du couvert nuageux, et du caractère hostile du paysage, des analogies peuvent se faire avec Cairngorns dans les highlands écossais, c’est qui in fine est assez élogieux. Là haut, on fait un peu les touristes, et à ce jeu là on n’est pas mauvais. Résultat, on rate le carrefour de retour. Après, un « léger demi-tour » (certains comprendront le poids des guillemets) on retrouve le grand couloir nord qui fait office de cheminée de descente. Le départ est raide, il faut partir prudemment sur quelques mètres dos à la pente, ensuite on peut laisser courir les jambes dans la pente poudreuse pour regagner la base des couloirs.

A la descente, on rejoint les deux autres cordées qui attendent en contrebas avec la satisfaction d’avoir aussi réussi leurs courses. Vers 16h30 avant que les estomacs se digèrent naturellement, la décision est prise de quand même faire un petit pique nique. Le saucisson et le fromage tombent un puits mais « ça nous remet sur le vélo » prêt pour le retour. En cette fin d’après-midi, le soleil vient nous rejoindre pour la descente jusqu’aux véhicules. Les jambes sont un peu lourdes mais tout le monde est content de cette belle journée de montagne.

De la station, on prend la direction de Llo où un gîte quatre étoiles n’attend que nous pour prendre une bonne douche et faire un bon repas. Soupe avec croutons, salade, bolognaise, et gâteaux ne fond pas un pli, on dirait qu’on avait faim. Niveau bouteilles, il conviendra d’apporter avec humour des nuances pour la prochaine fois et préciser qu’initiation alpinisme ne rime pas avec alcoolisme. Belle soirée avec une bonne ambiance qui tranche malheureusement avec celle du dimanche matin.

En effet, dans la nuit du samedi au dimanche, la pluie qui tape sur le velux de la chambre ne laisse rien augurer de bon pour le lendemain matin. A 5h30 : point météo autour de Guillaume et Lionel qui décident après réflexion d’annuler la sortie du dimanche. La limite pluie/neige étant assez haute. La déception se fait sentir au petit déjeuner mais il faut savoir renoncer pour que ça reste du plaisir. Quitte à rester enfermés, on en profite pour travailler le théorique et quelques manips autour de la table à manger : encordement en anneaux de buste, mouflage et autres nœuds…

Pour conclure, on pourrait dire bilan mitigé à cause de la météo maussade du dimanche mais on peut dire aussi que ce fut un joli weekend avec une journée du samedi de grande qualité. In fine, on préfère voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide parce ça restera une belle sortie d’initiation dans un coin des Pyrénées qui mérite le détour et voir même un peu plus. Merci à ceux qui sont allés repérer cet endroit l’an dernier et merci encore aux encadrants qui préparent ça aux petits oignons pour que ça soit que du bonheur à tartiner.  

 

Participants : Lionel, Daniel, Isabelle, Fabrice, Paul, Guillaume, Mélanie, Damien, Isoline, Fred

Photos : Guillaume

 







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