Carnet de route

Spéléo à l'Aven Armédia.

Sortie :  Spéléo Niveau 3 du 11/06/2016

Le 12/06/2016 par Altier Vincent
Sortie à l’aven Armédia Dimanche 12 juin 2016 Denis, Damien, Ludo, Vincent Photos: Denis, Vincent. Par une belle matinée de juin, pas trop chaud, pas de vent, … Denis et Ludo sont arrivés à l’heure au point de rendez vous (devant la légion à Nîmes) … vers 8h30… Damien les a rejoint aussitôt (1/4 d’heure après). Dernier point de rendez vous, vers 9h10 devant les boulangeries à l’entrée d’Uzès pour me récupérer et nous ravitailler en viennoiseries et autres victuailles. Bref après un paisible trajet entre Uzès et Méjannes et une balade sur le plateau à allure très modérée (avec 4 gaillards dans la vénérable 306, la pauvre avait l’échappement au ras du gazon, pardon, au raz des des rochers) par un DFCI quelquefois sournois, nous sommes arrivés vers 10h15 sur le pré qui entoure le réservoir situé à proximité de l’aven. Alors a débuté le rituel, pause café croissants, on vide le coffre (incroyable ce qui peut rentrer dans la 306), comptabilisation du matos sur la base d’une fiche d’équipement, pour le coup, très laconique, éternelles interrogations on prend ces mousquifs ?, ces cordes ? et la réponse toujours la même de Damien : il n’y a qu’à tout prendre, on ne sait jamais… 2ème partie du rituel, pause pipi popo, déshabillage rhabillage, enfilage des baudards, enkitement (ou enkitation de toutes façon c’est du spéléo et pas du français) du matos, revue de détail pour savoir ce qu’on avait oublié (moi c’était mes gants) et nous voilà parti vers l’aven dont l’entrée se cachait derrière des rochers maculés d’argile, 100 mètres plus loin. Il était environ 11h30 quand nous sommes rentrés dans le trou et que Damien a commencé à équiper en posant une main courante dont, en dépit de nos débats sur l’équipement à prendre, nous n’avions pas pris la corde. Bref (quoique..) à partir de là c’est du sérieux, main courante débutant par 2 points d’ancrages (consensus de Denis et Damien : « si on équipe, on équipe bien, sinon on n’équipe pas !!! »), petite étroiture de 2-3 mètres pour entrer dans la cavité et nous y voilà. Damien continue devant à poser la main courante dans une pente sur une vingtaine de mètres jusqu’à une salle déjà joliment concrétionnée au bas de laquelle s’ouvre le puits qui plonge vers l’inconnu. Après un double amarrage puisqu’on est en tête de puits (quand on équipe….), Damien s’engage dans le puits pour constater que la plupart des spits sont foirés, et chercher alors la meilleure façon d’équiper en mode sécure et confortable. Denis suit Damien et commence alors un long débat sur la façon d’équiper : fractio ou pas fractio, dev ou pas dev, lunulle … (toujours ce langage spéléo…). Ludo et moi attendons en haut du puits, Ludo, toujours d’un zen absolu, attends tranquille, imperturbable, moi, je regarde pousser les stalactites en suivant les débats qui remontent des tréfonds. Vient enfin le mot tant attendu « libre ! » Je descends donc dans le puits suivi de Ludo, l’attente continue, dans des positions plus acrobatiques, … mais on progresse. Denis me taquine « tu vas pas aimer, la fin c’est plein gaz ». Damien arrive dans la grande salle terminale, bientôt suivi de Denis. « Libre ». Ludo et moi descendons alors les derniers mètres du puits : « libre ! » d’une quarantaine de mètre finalement difficile à équiper car tortueux, voire en colimaçon, et donc nécessitant force déviations et autres fractionnements pour éviter les frottements de la corde. On débouche alors, par le plafond dans un coin de la salle principale de 30 à 40 mètres de long, 20 à 30 de large et autant de haut. Déjà, comme dans le puits, des parties de rochers sont hérissées d’excentriques et de stalactites d’une blancheur immaculée. Enfin réunis au fond de l’aven, sur les conseils de Denis et d’un commun accord, nous décidons de déjeuner là avant de continuer l’exploration. C’est vrai qu’il n’est pas loin de 14h00… Une demi-heure plus tard, rassasiés, nous entamons l’exploration de cette cavité, pas très grande, mais réputée pour la qualité de son concrétionnement. Il nous suffit de progresser d’une vingtaine de mètres et emprunter un passage bas et glissant vers la gauche pour déboucher dans une merveille. S’ouvre devant nous une salle de 15 à 20 mètres de long et moins de 10 mètres de large envahie de concrétions : un nombre incalculable d’excentriques tapisse un grand pan de rocher vertical, recouvre les stalactites, tout est blanc, scintillant… Au sol des stalagmites moins blanches car déjà souillées par les précédents visiteurs, heureusement qu’un balisage est en place qui limite les divagations des spéléos peu respectueux. Nous nous déplaçons comme des éléphants dans un magasin de porcelaine, attentifs à ne rien casser, chacun surveillant l’autre, lui conseillant de s’accroupir, de se baisser pour se faufiler dans cette forêt minérale. Combien de temps sommes nous restés dans cette salle ? Au moins une heure, détaillant chaque parcelle de calcite, à s’extasier devant les facéties de dame nature, devant la transparence des concrétions, si fragiles… Ludo, scrute en silence, Damien pose, Denis et moi photographions encore et encore. Denis joue les metteurs en scène, définit l’éclairage, les poses, multiplie les photos. A tour de rôle nous jouons les divas des profondeurs. Nous continuons ensuite la ballade, ressortons précautionneusement de cet endroit extraordinaire pour descendre dans le bas de la salle principale et nous aller mi rampant mi à quatre pattes au travers d’une forêt de stalactites et de colonnes vers une 2ème salle, nettement moins concrétionnée que la précédente dans un coin de laquelle pend une corde couverte d’argile qui monte vers une suite invisible. Damien, puis Ludo et moi escaladons le long d’une coulée de calcite que les passages répétés ont couvert d’argile jusqu’à la rendre super glissante. Pendant ce temps, Denis photographie les concrétions de l’entrée de cette nouvelle salle, non sans nous demander de poser au passage (c’est vrai que c’est plus beau si on est sur la photo…). On y trouve cette étonnante excentrique filiforme, emblématique de cette cavité, qui dessine un 5 parfait… et improbable. Après avoir atteint le fond de la cavité et une étroiture qu’aucun de nous n’a pu franchir nous avons rebroussé chemin, non sans nous être recouverts d’argile liquide. Etonnant toute cette boue au milieu de merveilles de blancheur ! Il doit être 16h30 quand nous commençons le retour Ludo et moi. Au pied du puits, nous attendons Denis qui photographie Damien encore et encore… « la combinaison rouge ça le fait bien sur les photos » dixit Denis. Puis ils nous rejoignent et nous attaquons la remontée, Ludo en premier, je le suis, puis Denis qui accompagne Damien qui déséquipe. Nous nous retrouvons à la voiture vers 17h30. Se pose la question d’aller faire un tour à l’aven Georges tout proche, mais ça risque de faire tard et finalement nous décidons de conclure là nos aventures spéléos du jour. Commence alors le dernier rituel, qui est un peu l’inverse du premier, on désenkite, on défait les nœuds, on love les cordes, on trie et on compte les sangles, mousquetons et autres plaquettes. Après moults recomptages il manquait toujours 2 mousquetons et plaquettes vrillées… que Damien est finalement retourné chercher dans le trou (il s’agissait des amarrages de tête de puits). 18h30, tout est ok, après nous être changés, avoir achevé l’inventaire et mangé les madeleines à Denis, tout rangé dans le coffre géant de la 306, nous entamons le retour en tentant le passage par Tharaux. Mauvais plan, la route est encore plus mauvaise qu’en passant par Méjannes et Damien, Ludo et moi la faisons en courant pour éviter que la vénérable ne touche. 19H00, nous revoilà à Uzès et sur le chemin du retour. Au final, une fabuleuse journée avec la découverte d’une cavité facile (merci Damien pour la qualité de l’équipement et à Denis pour le choix de la balade) et parmi les plus belles qu’il m’ait été donné de voir.
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