Carnet de route

Tour du Cervin : un pari réussi !

Sortie :  Rando alpine (franchissement cols glaciaires) du 22/06/2016

Le 22/06/2016 par Fred C
Séjour Randonnée alpine Tour du Cervin Sortie organisée par Yves LOREAU et Claude MONTROGNON Du 22 au 28 juin 2016 « Tour du Cervin : un pari réussi ! » Il y a des montagnes qui attirent, qui inspirent, qui passionnent. Le Cervin fait assurément partie de ce type de montagne. Son aspect pyramidal que ce soit du côté italien ou suisse donne un esthétisme singulier et hors du commun à ce sommet mythique. Sa conquête reste une page majeure de l’histoire de l’alpinisme autant pour l’exploit que pour la tragédie qu’elle fût malheureusement, et sa face nord par la voie Schmidt constitue une des trois faces nord classiques des Alpes avec les Grandes Jorasses et l’Eiger. A défaut de faire le sommet, faire le tour du Cervin c’est une invitation à découvrir cette montagne sous toutes ces lignes et au travers des vallées qui convergent vers son sommet. En cette fin juin, c’est donc une fine équipe de huit cafistes encadrée par Yves et Claude qui part dans cette aventure. Aventure, le mot est peut être exagéré mais tenter ce tour en juin à un côté aventureux que nous allons vite découvrir. En effet, dès notre arrivée dans le Val d’Hérens, bien que subjugué par la beauté de la Dent Blanche dans la montée à Arolla, nous voyons bien que l’enneigement est encore fort présent pour la saison. Après avoir posé les tentes, nous partons donc rapidement à la pêche aux infos au magasin de sports qui fait office de bureau des guides, et très vite l’enthousiasme ambiant se calme : « personne n’est encore passé là haut cette saison », « vous allez brasser », « ce n’est pas sûr que ça passe » nous dit-on, même le gardien du camping ne cache pas son scepticisme. Les plans B, les plans C s’échafaudent mais bon, comme on dit il faut toujours tenter le plan A avant. Quitte à prendre un but. Une courte nuit et un réveil très matinal, nous partons donc pour le franchissement du Col Collon (3074m). La journée est splendide, le soleil est de la partie. La montée sur le Haut-Glacier d’Arolla revêt un caractère haute-montagne de toute beauté. Le brassage tant attendu n’est pas là, malgré un effort soutenu et une neige transformée à la mi-journée, nous atteignons sans encombre le col, content d’avoir tenté le coup et de voir que finalement ça passe ! La descente dans la Combe d’Oren est un régal, on retraverse l’ensemble des étages alpins pour retrouver à proximité de Prarayer, le mélézin qui nous offre un peu de fraicheur en cette fin d’après-midi. A Prarayer, en bordure du lac de la Place du Moulin, nous sommes accueillis chaleureusement dans un super refuge. La première soirée fait place au relâchement et à la bonne humeur. Cette première étape était entre guillemets charnière de part la longueur, le franchissement d’un col glaciaire, et le poids des sacs maximal. Nous apprendrons par la gardienne que nous sommes le premier groupe à faire l’étape dans ce sens cette saison. A l’étude de la cartographie le soir même, on comprend vite que l’étape du lendemain ne va pas vendre sa peau facilement elle aussi. Effectivement, ente le Valpeline et le Valtournenche se dresse le col de Valcounera (3075m). L’étape est globalement sauvage et technique : après avoir remonté un alpage magnifique, nous venons rapidement buter sur une barre rocheuse équipée de câbles, qui nous permettent d’accéder à la partie supérieure de la vallée encore abondamment enneigée. A partir là, pas d’hésitation possible, il faut chausser les crampons et prendre le piolet en main. Après une pente bien regelée où la chute n’est pas permise, nous avons le couloir qui mène au col en vue. Il est raide. Nous observons de loin, un groupe de trois personnes qui descend. Non équipé et non encordé, l’un d’entre eux dévisse et vient s’arrêter violemment sur un rocher affleurant. La personne ne bougeant pas, on décide d’envoyer rapidement deux personnes de chez nous pour voir s’il n’y a pas de casse sérieuse. Au prix d’une belle frayeur et de quelques brulures, la personne n’a rien mais est bien choquée. Sur ces entrefaites, la montée du col se fera encordée pour notre groupe, d’autant que la fatigue se fait sentir pour certaines personnes. L’ascension est un joli effort avant de basculer vers le refuge de Perucca. Une étape courte mais au combien alpine dans son caractère. L’après-midi au refuge sera consacrée à l’apprentissage des manips pour les uns et à la contemplation pour les autres. La chaleur ambiante fait éclater dans la nuit un orage violent qui nous réserve un réveil dans les brumes. La pluie n’est pas présente mais le plafond est bas en ce début de matinée. La descente sous le refuge recèle de belles surprises comme une superbe cascade. Mais la belle surprise, celle que l’on attend tous, c’est la vue sur le Cervin. Le Maitre des lieux doit nous apparaitre à la fenêtre de Cignana. Malheureusement pour nous pas de Cervin à Cignana. Cependant c’est sans compter sur une éclaircie dans la descente qui déchire la brume et nous offre une vue hors du commun sur cette montagne dont nous sommes venu faire le tour. Le versant italien du Cervin trône devant nous, massif et impressionnant, dans cette lumière faite d’ombres et de lumières. La joie se lit sur les visages, on se pose, on apprécie le moment. A notre droite, le massif du Mont-Rose se dégage à son tour : Breithorn, Polluce, Castore, Lyskamm, Pointe Dufour autant de sommets mythiques se dévoilent tour à tour pour notre plus grand plaisir. La descente en balcon jusqu’à la route qui monte à Breuil nous permet d’apprécier à loisir cette vue sublime. A la route, le plan initial prévoyait le bus, ça sera le stop finalement. En petit groupe armé de notre sourire, nous arrivons facilement à tous se faire prendre rapidement. A Breuil, au pied du géant, la météo se gatte franchement, une pluie forte et froide douche un peu notre bonne humeur générale. C’est sans compter sur Yves qui durant son interlude en stop glane une information précieuse : le temps se lève pour 15h. Il faut juste attendre et à 15h comme prévu le soleil revient dans la partie. L’heure étant avancée, il est décidé de monter jusqu’à la Cime Blanche en téléphérique pour gagner du temps et du dénivelé. De la gare d’arrivée, il nous faut traverser le domaine skiable de Cervina jusqu’au Theodulpass (3295m). Nous sommes dans la neige et en ce milieu d’après-midi on brasse sévère, physiquement ça tire. Mais à neuf, nous nous relayons chaque 20-30 pas et à ce rythme, nous faisons la trace de façon merveilleuse. Le col est le point d’arrivée de notre étape. Le refuge est magnifique et des baies vitrées on admire le Cervin dans toute sa majesté. La soirée sera aminée par les brumes et la lumière du soir qui mettront en scène les sommets de la Grande Barrière tel une toile de maitre. Juste beau, juste bien d’être là, à contempler ce spectacle. La journée du lendemain aurait dû être une sorte de point d’orgue à ce spectacle par l’ascension du Breithorn occidental : quatre mille techniquement facile mais au combien beau de part sa situation privilégié dans les Alpes valaisannes. Néanmoins, les jambes ne sont pas bonnes pour tous et la nécessité de tenir un horaire sur une course glaciaire, nous pousse non sans regret et frustration à voir plus petit : le Klein Matterhorn (3883m). Le Klein Matterhorn c’est l’Aiguille du Midi locale et à défaut d’un vrai sommet, elle nous offre au dessus d’une mer de nuage une vue grandiose sur les sommets environnants. Les sommets de plus de 4000 mètres sont légion dans cette région des Alpes. Weisshorn, Zinalrothorn, Taschhorn, Dom… animent et émerveillent notre regard au loin. L’instant est savouré à sa juste valeur avant la descente vers Furi. Après une halte au célèbre hameau de Zmutt, nous arrivons à Zermatt : une des capitales des Alpes. La ville est animée par ses hordes de touristes venues du monde entier pour essayer d’apercevoir la célèbre silhouette suisse du Cervin. Depuis la vallée du Mattertal, le Cervin est vraiment cette montagne parfaite, une pyramide presque cristalline, avec des arêtes effilées qui s’élancent vers le ciel. La vue a beau être célèbre, elle reste hypnotique en vrai. La lumière du refuge du Hornlï au pied de l’arête du même nom à la tombée de la nuit scintille et anime encore et toujours des rêves personnels d’ascensions. La soirée en ville permet de se poser avant notre dernière étape dont le tracé va être chamboulé. Un glissement de terrain sur l’Europaweg, un sentier en balcon face au Weisshorn, nous contraint de nouveau à modifier notre cheminement. Nous filons finalement sur un plan B de grande facture : le hameau de Tufteren. Ces chalets d’alpage nichés au dessus de Zermatt offrent un panorama époustouflant sur la partie occidentale des Monts-Roses et le Cervin. L’instant se savoure encore une fois, on fera une longue pause à se prélasser et à se délecter de la vue, parce que parfois il faut savoir prendre le temps d’apprécier ces moments là. Contempler c’est sans aucun doute un des objectifs premiers de ce type de randonnée. De Tufteren, il faut gagner Randa qui constitue la ligne d’arrivée de notre séjour. Le retour par le fond de vallée réchauffe pas mal les pieds, le groupe se disperse certains finissent en stop ou en train et d’autres à pied. On se retrouve au camping du village où depuis la terrasse du bistrot on peut admirer la face nord du Breithorn, qui nous aura accompagné tout le long de notre descente. A Randa, c’est la satisfaction et la joie qui se lit sur les visages parce que tenter cette randonnée en cette saison, c’était un joli pari sur la neige et les conditions, mais celui-ci a été remporté haut la main. Cela nous a permis aussi de profiter de l’aspect sauvage des lieux en évitant la foule estivale de ce trek très prisé, qui en cette saison se situe plus entre la randonnée alpine et l’alpinisme facile. Mais surtout, ce séjour ça aura été une belle alchimie dans ce groupe, merci pour les moments de partage, de rigolade voire de déconnade. La mayonnaise a très bien pris malgré des situations pas faciles à gérer et ça c’est peut être l’essentiel. Il reste désormais trois étapes pour finir ce tour de renom. Mais comme on dit il faut toujours en laisser pour y revenir. Nous reviendrons. Merci à tous pour votre joie de vivre. Participants : Yves, Claude, Françoise, Charline, Jean-Louis, Christian, Florence, Fred Photos : Jean-Louis






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