Carnet de route

Ski de rando dans les Pyrénées

Le 12/01/2013 par PRAX Jacques
En Janvier en Ariège. En ce mois de janvier 2013, après une dizaine de jours bien beau, les conditions neige sont comme au printemps ; alors, pourquoi pas un petit weekend tranquille en refuge ? Bien sûr, il peut faire un peu froid, les journées sont plus courtes. Il faut trouver un itinéraire pas trop long. L'idée me trotte d'aller vers l'Ariège que je ne connais pas. Le refuge de Ruhle sera notre destination, au départ de l'Hospitalet près d'Andorre. La limite neige en nord est annoncé vers 1550 mètres, on devrait avoir une petite heure de portage. En date du vendredi matin, Météo France prévoit " samedi beau, dimanche et lundi, soleil voilé avec des averses de neige " alors que quelques jours plus tôt, il était prévu mauvais le dimanche, et beau le lundi; j'imagine qu'ils se trompent un peu et s'il faut, le dimanche, on bidouillera autour du refuge. Avec mes quatre compères, départ ce vendredi 11 après le boulot, de Nîmes centre, pour les Pyrénées. Le gîte est à l'Hospitalet, sympa et agréable. Samedi, lever sept heures, répartition des vivres, des deux réchauds, piolet crampons pour tous, une corde, un mini baudrier et deux sangles pour moi. Tiens, la gardienne du gîte en partant nous demande de donner de nos nouvelles à notre retour lundi, et " ne vous gênez pas pour venir vous changer au gîte car lundi il fait pas beau " .... Je suis étonné, mais, de toute façon, j'ai un plan B sécu .Et nous voilà partis, grand beau, beaucoup moins de neige que prévu donc grand portage (deux heures) et longue déception. D'abord le long de la conduite d'eau forcée, puis traversée nord, le paysage style bruyères et genêts a été brulé l'été dernier. Et au premier lac du vallon d'Arques qu'ici ils nomment étang, on chausse enfin les skis, et le cheminement est une suite de faux plats, d'un étang à l'autre. Quelques arbres s'accrochent encore par çi par là, rendant le paysage moins minéral. Malgré la neige présente, beaucoup de rochers et blocs restent apparents, ce qui est bien sympathique pour le regard. On contourne une " couillade ", celle de Pédoures, en fait, une barre rocheuse courte mais, en cas de brouillard un piège à éviter. Enfin, après l'étang du Couard, on prend plein nord pour une montée plus franche en direction de la porteille de Ruhle. Comme qui dirait Frèd " la fin se mérite .... " la corde est sortie pour passer sereinement ce court passage raide, plus déneigé au nord qu'au sud (= la direction du vent dominant est bien nord ) . Du col on aperçoit le refuge. Un peu de bon ski, et on pousse la porte du sésame. Chouette, il y a plein de couvertures, heureusement, car il fait trois degrés à l'intérieur. Rituel fonte des neiges, réchaud, soupe, dodo et comme demain, c'est dimanche, pas de réveil, grasse mat possible ... et vérifiée douze heures plus tard ; ah, que c'est dur le ski de randonnée ! De fait, météo pas terrible, visibilité pas mieux ... et il neige un peu. Nous prenons vraiment cool, et à onze heures, nous sortons direction le pic de Calmette pour trois cents mètres de dénivelé, à l'azimut. Et une fois sur place, si on allait voir de l'autre coté, il y a un lac avec un joli nom " le petit Estagnol ", il doit être mignon. Une belle pente défendue par une petite corniche, qu'après quelques hésitations je passe et, chouette ski, Isa savoure cette pente suivie par ses camarades tout aussi heureux d'en découdre dans ce paysage soupoudré. Une belle balade s'ensuit, la curiosité aidant, la neige est bonne, les sapins tous givrés, un plaisir des yeux qu'il faut déguster tranquillement. On continuera pour s'arrêter sous un gros bloc à l'abri du vent pour une tentative de " thermothérapie " des orteils du chef ! Et retour au refuge après cette escapade pour le rituel, fonte thé soupe dodo . Mais, il neige toujours sans discontinuer. Demain, il faudra partir sans tarder ; réveil programmé. Lundi, il a neigé toute la nuit ; plan B. On va sagement traverser deux cols pour rejoindre la station d'Ax Bonascre et je ferai du stop pour récupérer le Trafic. Comme tous les matins, vérification des DVA et direction notre premier col, peu de dénivelé, un peu de distance, et premier incident de peau qui décole pour Jlr. Pas de soucis, j'ai un rechange. Première descente vers le lac bleu duquel nous remonterons vers la crête de la Lhasse. La visibilité est moyenne, je scrute en tous sens, je recherche tout indice de pentes douteuses, il a quand même pas mal neigé et quand il y a peu de pentes, il faut pousser. Et quand la pente est suffisante, la godille est trop facile, les gerbes créées trop ...... énormes. Méfiance renforcée, d'autant que même à moyenne pente, cela découpe la neige comme une fermeture éclair qu'on ouvrirait. Au lac bleu, re étude de l'itinéraire qui devrait suivre et il y a bien, arrivé à la crête, un couloir à traverser. Je prends la décision de trouver une autre idée et annonce que nous devrons descendre cette vallée ( le ruisseau du Najar ) jusqu'à Savignac les Ormeaux à 700 mètres d'altitude, un village à l'ouest d'Ax les Thermes , soit un long cheminement. On laisse sur notre gauche une belle cabane, on traverse par le plus au bord un lac, en sondant du bâton la solidité récente, un peu plus de tension pour le groupe. La pente est faible, même en descente, on trace comme si l'on montait. Plus de cinquante centimètres de neige fraîche, avec Jlr et Thierry, nous nous relayons plus souvent. En dessous de 1800 mètres d'altitude, la végétation s'invite sur notre parcours, nous commençons à traverser des petits ruisseaux adjacents, les skis commencent à botter, ralentissant encore notre progression. Dans une cabane de berger, nous nous abritons un court moment pour se refaire un peu, il est déjà quinze heures. Précautions d'espacement pour traverser un cône en bas d'un couloir, une cascade à passer, ce sera descente de blocs dans les rhododendrons (inédit) . Et la nuit approche, avec la végétation qui plie sous la neige, il devient de plus en plus difficile de retrouver ce qui risque d'être un sentier, le gps devient un outil bien commode . Enfin nous atteignons un chemin plus large, il fait à présent nuit ... puis un 4/4 ayant fait un aller retour, nous empruntons sa trace, accélérant ainsi notre déplacement. C'est bien la première fois que j'apprécie une incursion motorisée. Enfin la " civilisation " vers 19H30, après presque vingt kilomètres de descente trop douce, un peu de stop, une demi heure de pelletage pour dégager le Trafic sous cinquante cm de neige avec le talus du chasse neige ... et la route délicate, peu déneigée au début, et le trajet retour avec la fatigue. Arrivée à Nîmes à 1h30. Classe pour travailler le matin même. Voilà, notre balade se termine bien, au vu des conditions rencontrées. La nivologie avait du grimper au niveau activité naturelle spontanée, soit 4. Le mardi soir, c'était niveau 5. Ouf ! Jacques and co
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